La prévision orageuse

Il faut savoir que comme pour n'importe quel type de prévision, même si on rajoute d'autres cartes dans le cadre de la prévision orageuse, les cartes de synoptique générale, celles de précipitations et de vent sont évidemment primordiales. Refaisons donc d'abord un point sur ces facteurs avant de s'attaquer aux paramètres d'instabilité convective.

Z500 :

De manière générale, il existe plusieurs types de synoptiques propices à des dégradations orageuses sur la France, mais globalement ces synoptiques sont juste des stades plus ou moins avancés d'une même mécanique, du moins pour la convection estivale, hors reliefs.

1/ Le talweg :

Un peu de vocabulaire...En géographie physique un talweg est la ligne reliant les points les plus bas d'une vallée. Par extension, en météorologie, un talweg (s'écrivant aussi "thalweg") est un creux barométrique au milieu de hautes pressions prenant la forme d'une intrusion "en vallée" (en V ou en U), d'où le terme utilisé, même si cette "vallée" est donc vue sur un plan horizontal sur une carte, tandis qu'un talweg en topographie est une vallée vue en coupe verticale. Il est l'inverse d'une dorsale anticyclonique qui signifie donc l'intrusion d'une zone de hautes pressions au milieu d'une circulation perturbée.

Il signifie donc l'intrusion de basses pressions au milieu de hautes pressions et est chez nous directement lié aux ondulations de la circulation générale d'Ouest ; notre zone tempérée étant dans la zone tampon entre basses pressions subpolaires et hautes pressions subtropicales, la circulation générale d'Ouest n'est évidemment pas linéaire et les ondulations font qu'on retrouve une alternance entre basses pressions "nordiques" qui descendent et hautes pressions subtropicales qui remontent. Il s'agit donc du stade premier d'un creusement dépressionnaire atlantique suffisant pour générer de l'instabilité, car cela paraît logique, mais il est utile de préciser que des pressions anticycloniques organisées empêchent toute convection car ne permettant aucun mouvement ascendant.

Talweg

A l'avant du talweg c'est un courant de Sud à Sud-Ouest qui prédomine, celui-ci apportant donc un air chaud et de plus en plus humide et instable à mesure qu'il progresse vers l'Est, pour une région donnée. Ces régions situées à l'avant seront soumises à une advection positive de tourbillons absolus (inversement à l'arrière), propice à créer des ascendances.

Sur la carte ci-dessous on voit l'intrusion de bas-géopotentiels au milieu de deux zones de hautes pressions (relativement car la limite basse est communément de 552 dam, mais en été cette limite est couramment plus élevée, et en météo les termes de "haut", "bas", "chaud", "froid" sont toujours relatifs à ce qu'il y a déjà en place). On visualise d'un côté un anticyclone bien formé sur l'Atlantique et de l'autre côté un marais barométrique sur l'Europe centrale.

Cette situation sera suffisante pour un conflit de masses d'air avec l'approche d'une zone d'abaissement de la tropopause qui facilitera la convection couplée à un apport d'humidité dans les basses couches générant de la convection. Nous détaillerons certains de ces paramètres dans les cartes correspondantes par la suite.

 

2/ La goutte froide (cut-off) :

Nous avons vu que le talweg était le premier stade d'une intrusion de basses pressions de par l'ondulation incessante de la circulation d'Ouest. La goutte froide (cut-off en anglais) est un stade abouti de l'isolement de cette intrusion de bas géopotentiels au point de former une "goutte" au milieu des hautes pressions.

C'est avant tout une dépression d'altitude, visible sur les cartes à 500 hpa, et il n'y a pas nécessairement de basses pressions associées dans les basses couches (visibles aux isobares). C'est donc une anomalie de géopotentiels qui provoque l'emprisonnement d'air froid en altitude et est donc apte à générer de l'instabilité.

Lorsqu'elle est accompagnée d'une baisse de pression au sol, elle peut aboutir par la suite au creusement d'une dépression, et est donc généralement appelé dans ce cas "minimum dépressionnaire", sous-entendu un creusement dépressionnaire qui n'est pas issu du rail dépressionnaire atlantique.

Ce sera le même fonctionnement qu'avec un talweg mais avec des apports favorables encore plus importants avec une anomalie d'altitude plus prononcée entre les deux masses d'air.

Cependant, il faut que cette goutte froide soit "bien" placée pour influencer juste comme il faut notre pays, c'est à dire suffisamment proche pour engendrer tous les paramètres d'instabilité, mais pas trop proche pour ne pas risquer de ne plus être situé à l'avant de celle-ci, car il faut savoir que la convection "classique" se développe à l'avant des anomalies et des changements de masses d'air, donc ce seront toujours les régiosn situées plusieurs centaines de km à l'avant qui recevront de la convection.

Goutte froide

On voit ici une goutte froide stationnée au large de la péninsule Ibérique, accompagnée également dans le cas présent d'un minimum de surface. C'est la position "idéale" pour générer une convection organisée sur un axe Sud-Ouest-Nord-Est, et facteur supplémentaire, on remarque une situation de marais barométrique sur l'Europe, c'est à dire sans centre d'action dominant.

 

Ces deux situations de talweg et de goutte froide sont celles générant les fronts orageux organisés, et donc les situations les plus propices à avoir une convection quasi-certaine (seul reste à déterminer par la suite les régions touchées). Mais il existe d'autres situations pouvant générer de la convection, plus spontanée et aléatoire.


3/ Le marais barométrique :

Il est le résultat d'un "entre-deux", une situation synoptique où aucun centre d'action ne prédomine véritablement, ni hautes ni basses pressions. Il est caractérisé par un très grand espacement des isobares et donc aucun flux dominant. Il fait souvent suite à l'intrusion de basses pressions qui n'ont pas assez d'éléments favorables en terme de cyclogénèse pour se développer et se rencontre surtout à la saison chaude.

Il en résulte au sol une situation très peu organisée : des pressions oscillant autour de la moyenne de 1013 hpa et variant peu, des vents faibles et changeants (les régimes de brises marines ou orographiques font alors leur oeuvre) et une chaleur stationnant et donc s'accumulant au fil des jours.

C'est par l'emmagasinage de la chaleur et la non-présence de hautes pressions que la convection va être favorisée, d'abord sur les reliefs, puis de manière aléatoire en plaine. La convection sera aléatoire car il n'existera aucun forçage, aucun conflit de masses d'air, mais la chaleur présente au sol va suffir à constituer une ascendance quasi-continue (les situations de marais barométrique s'étalant souvent sur plusieurs jours). C'est bien souvent ce type de configuration qui se traduit dans le langage courant par des "orages de chaleur", sous-entendu des orages se développant uniquement grâce à la chaleur s'accumulant et sans oragnisation véritable.

Juste une carte pour illustrer :

marais-barometrique

 

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